Ce que cette levée construit
De cent quarante-sept heures à trois heures par gramme
Un gramme de soie, c'est environ huit cents prélèvements sur araignée. Nous avons
chronométré chaque geste : une minute pour nourrir un individu, dix minutes pour le
dévider. Cent quarante-sept heures de travail humain par gramme. C'est la raison
exacte pour laquelle aucune ferme d'araignées n'a jamais tenu — et c'est le seul
problème que cette levée finance.
| Palier | Par prélèvement | Par gramme | Coût direct | Capacité |
| Aujourd'hui, tout à la main | 11,00 min | 147 h | 2 567 €/g | ×1 |
| Bâti de dévidage 24 postes | 1,42 min | 19 h | 331 €/g | ×8 |
| + nourrissage automatisé | 0,57 min | 8 h | 132 €/g | ×19 |
| Bâti 48 postes + manutention | 0,26 min | 3 h | 60 €/g | ×42 |
Le dévidage n'est que la moitié du problème
Une fois le bâti en place, nourrir représente les deux tiers du temps restant.
C'est là que se joue le second palier — et c'est un problème déjà résolu ailleurs :
l'élevage d'insectes le fait à l'échelle industrielle depuis dix ans.
Rien de tout cela n'est une invention
Ce sont des gestes d'élevage industriel appliqués à un animal qu'on n'a jamais
élevé industriellement. Le prototype de dévidage existe déjà et tire un fil
continu sans rupture. Il s'agit de le multiplier par vingt-quatre, puis par
quarante-huit.
À l'arrivée, la capacité est multipliée par quarante à effectif constant et le gramme
revient à soixante euros. C'est ce facteur, et lui seul, qui sépare une curiosité d'une maison.